Né en 1944, Roch Denis fut recruté au Département de science politique en 1971. Titulaire d’un doctorat d’État de l’Institut d’études politiques de Paris, il fut l’auteur, notamment, de Luttes de classes et question nationale au Québec 1948-1968, publié en 1979. Comme on le sait, Roch Denis était marxiste – plus précisément : trotskyste – et cet ouvrage est devenu au fil des ans un classique du marxisme québécois. Une dizaine d’années plus tard, il publiait une anthologie intitulée Québec : dix ans de crise constitutionnelle (1990).
Roch enseigna au département durant une quinzaine d’années : pour avoir suivi l’un de ses cours (sur le marxisme, bien sûr), je me souviens de lui comme d’un bon pédagogue, dépourvu de toute condescendance à l’endroit des étudiants. Il fut pendant un mandat directeur des études avancées (comme on disait à l’époque), mais les activités professionnelles de Roch se déployèrent dans un espace beaucoup plus vaste.
Président du SPUQ de 1973 à 1974, puis de 1989 à 1993, il fut également à la tête de la Fédération québécoises des professeures et professeurs d’université (FQPPU) de 1993 à 1999. Secrétaire général du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise de 1999 à 2001, il devint recteur de l’UQAM en 2001, puis réélu au terme d’un premier mandat. La crise financière générée par les projets immobiliers du Complexe des sciences et de l’Îlot voyageur (qui ne vit jamais le jour) le conduisit à renoncer à ses fonctions fin 2006.
On trouvera une biographie plus fouillée et très touchante dans le portrait qu’un de ses amis, Luis Favre, a publié au lendemain de son décès. Pour ma part, je ne connaissais pas Roch aussi intimement, bien sûr, mais je l’ai revu par hasard, en 2016 ou 2017, dans l’avion qui nous ramenait de Paris à Montréal, au moment où nous prenions nos sièges. Nos regards se sont croisés et nous sommes allés spontanément l’un vers l’autre. Nous avons échangé pendant quelques minutes et j’ai reconnu sa voix chaude et douce, inchangée, comme s’il m’avait parlé la veille.
Jean-Guy Prévost, professeur retraité du Département de science politique



