Jay Naidoo, docteur honorifique

Jay Naidoo, docteur honorifique

L’UQAM rend hommage au militant anti-apartheid pour son engagement exemplaire dans la défense des droits de la personne.

L’UQAM a rendu hommage à Jayaseelan «Jay» Naidoo, l’un des grands noms de l’histoire de l’Afrique du Sud et l’une des personnalités les plus influentes à l’échelle du continent, en lui décernant un doctorat honoris causa le 9 juin dernier sur la recommandation de sa Faculté de science politique et de droit. Par ce geste, l’Université reconnaît l’engagement exemplaire de Jay Naidoo dans la défense de la démocratie, de la justice sociale, de la paix et des droits de la personne ainsi que l’ampleur de ses réalisations au bénéfice des populations vulnérables de plusieurs pays.

La distinction lui a été remise dans le cadre de la collation des grades de la Faculté de science politique et de droit. Celle-ci s’est déroulée au Centre Pierre-Péladeau en présence, notamment, de la ministre de l’Enseignement supérieur Pascale Déry (M.A. science politique, 2004), du recteur de l’UQAM, Stéphane Pallage, de la doyenne de la Faculté de science politique et de droit, Rachel Chagnon, de membres du corps professoral, de dignitaires et d’une centaine de personnes diplômées accompagnées de leur famille et de leurs amis.

Humaniste sans frontières

Jay Naidoo est né en Afrique du Sud en 1954. À cette époque, la population noire (90 % du pays), dont il fait partie, n’a aucun droit et est soumise à la violente répression d’un régime raciste et totalitaire.

À son entrée à l’Université Durban-Westville, Jay Naidoo rallie la South African Students, organisation dirigée par Steve Biko, fondateur du Mouvement de conscience noire. Inspiré par cette grande figure de la résistance, Jay Naidoo s’engage à plein temps dans la lutte contre l’apartheid, d’abord au sein d’organisations communautaires, puis syndicales.

En 1985, il est élu secrétaire général du Congress of South African Trade Unions (COSATU), la plus grande centrale syndicale de l’Afrique du Sud. Sous son leadership, le COSATU devient la plus puissante force de résistance démocratique et non raciale du pays. Figure de proue de la lutte anti-apartheid, Jay Naidoo vit constamment sous la menace, son nom apparaissant sur la liste des personnes à abattre du régime. Courageux, intègre et déterminé, jamais il ne cède, convaincu de l’importance capitale de son combat.

Après la chute du régime d’apartheid, Nelson Mandela est élu président en 1994. Il nomme Jay Naido ministre de la Reconstruction et du Développement, avec le mandat de coordonner le démantèlement des structures léguées par 46 ans d’apartheid et 300 ans de colonialisme. Avant de quitter la vie politique en 1999, Jay Naidoo occupe la fonction de ministre des Télécommunications. Il fait alors adopter par plus de 40 pays africains un cadre politique global appelé «African Connection», lançant une véritable révolution numérique sur le continent.

Jay Naidoo mène ensuite plusieurs projets d’envergure en matière de développement social et de lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme. Il préside la Development Bank of Southern Africa, qu’il transforme en institution financière majeure pour une partie importante de l’Afrique. Puis, il devient président adjoint du LoveLife South Africa Trust, reconnu par l’Organisation mondiale de la santé comme le seul programme national à avoir mesuré la prévalence du VIH. Enfin, il s’engage dans le combat contre la malnutrition lorsque le secrétaire général de l’ONU le nomme au comité de direction de Global Alliance for Improved Nutrition

Parmi toutes ses réalisations, Earthrise Trust est celle qui révèle le mieux l’humanisme de Jay Naidoo. En 2013, il investit tous ses avoirs dans l’achat d’une parcelle de terre à un fermier blanc pour y établir une coopérative de paysans noirs dépossédés par l’apartheid ainsi qu’une garderie et une école. Cette initiative est considérée comme un modèle de réconciliation raciale en Afrique du Sud.

Chevalier de la Légion d’honneur de la République française, Jay Naidoo a reçu le Drivers for Change Award du Southern Africa Trust, le Ellen Kuzwayo Award de l’Université de Johannesburg et un doctorat honoris causa de l’Université de technologie de Durban. Personnalité inspirante pour quiconque aspire à un monde plus équitable, il figure dans le palmarès des 100 Africains les plus influents du magazine New African.

Source : Actualités UQAM

Crédit photo : Lyne Tétreault

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