
Geneviève Paul
B.A. relations internationales et droit international
Directrice générale, Centre québécois du droit de l’environnement
Lauréate du prix Clean50 2026
Depuis plus de vingt ans, Geneviève Paul contribue activement aux débats pour l’avancement des droits humains et du droit de l’environnement sur le plan international, ainsi qu’au Canada. Elle a dirigé le bureau mondialisation de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), a travaillé pour Amnistie internationale Canada francophone, Above Ground et dirige depuis 2018 le Centre québécois du droit de l’environnement.
Geneviève a mené de nombreuses enquêtes en Amérique latine et en Asie portant notamment sur les impacts environnementaux liés à des projets d’investissements et a été impliquée dans plusieurs dossiers portant sur l’accès à la justice. Dans le cadre de ses fonctions, elle a été amenée à interagir avec différentes parties prenantes : gouvernements, institutions, entreprises, organisations non-gouvernementales et médias.
Geneviève détient un baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et une maîtrise en droit international des droits humains de l’Université Essex en Angleterre. Elle a été récipiendaire d’une bourse du Commonwealth, du Fonds de recherche du Québec et du Conseil de recherches en sciences humaines. Elle figure parmi les lauréates du prix Clean50 2026, qui célèbre 50 personnes ou groupes ayant apporté une contribution exceptionnelle pour une économie propre au Canada. Elle a également remporté le prix Clean16, en se classant première dans la catégorie « Plaidoyer » (Advocacy).
Quel(s) lien(s) pourriez-vous faire entre votre formation à l’UQAM et votre carrière ?
Ma formation en science politique et en droit international à l’UQAM, dans la toute première (!!) cohorte du Baccalauréat en relations internationales et droit international – le BRIDI – teinte mon parcours professionnel depuis plus de vingt ans maintenant !
Dès mon baccalauréat, j’ai fait un stage dans une organisation de promotion de la démocratie et de défense des droits et je n’ai jamais arrêté ensuite, ayant eu la chance de travailler pour des organisations internationales de défense des droits humains (Fédération internationale des droits de l’Homme, Amnistie internationale, Institut danois des droits humains).
Après dix ans à l’international, je suis de retour au Québec où je dirige depuis 2018 le Centre québécois du droit de l’environnement, un organisme de bienfaisance qui met une expertise juridique au service de la population pour protéger l’environnement.
Mon passage à l’UQAM a éveillé mon sens critique et m’a transmis des connaissances qui m’ont servies pour ma maîtrise et ma carrière. Surtout, c’est vraiment l’UQAM qui aura nourri mon désir d’œuvrer pour plus de justice sociale. Le corpus du baccalauréat, les professeur-es, les opportunités de stage et d’immersion, la vie étudiante : une recette qui m’a stimulée et qui m’a encouragée à me faire confiance.
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos personnes finissantes et jeunes diplômées ?
Saisissez les opportunités offertes et foncez !
N’hésitez pas à demander des conseils à des personnes de votre entourage qui vous inspirent (j’ai longtemps hésité à le faire !), postulez même si vous ne pensez pas l’obtenir, apprenez une nouvelle langue si l’ailleurs vous appelle.
Le monde a besoin de plus d’uqamiennes et d’uquamiens investis dans toutes les sphères de la société pour que l’on puisse enfin réduire les inégalités et vivre dans une société plus juste, plus cohérente, plus solidaire et plus respectueuse.
En quoi votre formation à l’UQAM vous a permis de penser haut et fort ?
Depuis mon baccalauréat, j’ai eu la chance de travailler à essayer de bousculer le statu quo, à documenter et dénoncer les injustices, surtout celles liées au modèle de développement économique et ses impacts profonds sur les droits des communautés affectées et sur notre environnement.
Surtout, j’ai pu côtoyer des personnes braves et inspirantes qui ont le courage de s’exprimer haut et fort pour dénoncer des injustices, souvent au risque de leur vie.
Ici au Québec, j’ai la chance de pouvoir m’exprimer sur différentes tribunes publiques dans le cadre de mon engagement professionnel : c’est un privilège de pouvoir décrier haut et fort certaines dynamiques de pouvoir à l’œuvre qui font qu’aujourd’hui, nous sommes encore bien loin de vivre dans une société qui respecte le droit de toutes et tous de vivre dans un environnement sain.
Un ami du baccalauréat, maintenant professeur à l’UQAM, m’a offert il y a quelques années un chandail à capuchon à l’effigie de l’UQAM qui porte l’inscription « droit au cœur ».
Je trouve qu’elle résume bien ce que ma formation m’a aidée à faire : dénoncer haut et fort les injustices et utiliser le droit pour sa puissante capacité à être un levier pour plus de justice sociale et environnementale.
En quoi votre carrière vous permet-elle de faire avancer la société ?
Depuis mon baccalauréat, j’ai eu la chance de travailler pour des organisations de défense des droits au Canada et à l’international avec un fil conducteur : utiliser le pouvoir transformateur du droit et accompagner des communautés pour plus de justice sociale et environnementale face à la mondialisation économique et à l’impunité de certains acteurs étatiques et économiques.
Je suis bien consciente de n’être qu’une goutte d’eau dans cet océan de personnes mobilisées pour plus de justice : mais si je retiens quelque chose de mon parcours, c’est bien que chaque geste compte. Je suis très inquiète des dérives actuelles et des violations des droits humains ici comme ailleurs : alors je vais continuer à faire ce que je sais faire pour essayer de faire avancer notre société !








