Valoriser la mission sociale des universités

L’UQAM accueille un séminaire international sur la recherche partenariale entre universités et communautés.

Par Claude Gauvreau

Un séminaire international sur la recherche partenariale entre universités et communautés sera l’occasion de valoriser la mission sociale des universités et leur rôle d’acteur de changement auprès des gouvernements, des bailleurs de fonds et de la population en général. Ce n’est pas un hasard si l’UQAM est l’hôte de cet événement, qui se tiendra du 15 au 17 octobre prochains. Depuis sa fondation, l’Université a joué un rôle d’avant-garde dans ce domaine.

Organisé par le Vice-rectorat à la recherche, à la création et à la diffusion et par le Service aux collectivités (SAC) de l’Université, le séminaire réunira, notamment, des chercheurs et de hauts dirigeants d’universités québécoises, françaises et africaines ainsi que des représentants du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, des Fonds de recherche du Québec et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Cette initiative s’inscrit dans la foulée d’une rencontre tenue au Sénégal en décembre 2018, à laquelle la vice-rectrice à la Recherche, à la création et à la diffusion Catherine Mounier et le directeur du SAC Marcel Simoneau avaient été invités à participer. «Les membres du réseau d’universités et de communautés locales qui avaient organisé l’événement s’étaient entendus pour qu’un séminaire se tienne à l’UQAM afin d’échanger sur les bonnes pratiques en recherche partenariale ainsi que sur les collaborations internationales», observe Marcel Simoneau. «Nous avons pu constater, à cette occasion, à quel point l’UQAM  est perçue comme un  établissement précurseur à ces chapitres», note Catherine Mounier.

La vice-rectrice tient à rappeler que, depuis 50 ans, l’UQAM a construit des ponts avec une multitude de groupes sociaux à travers des projets de formation et de recherche, favorisant la mise en œuvre d’innovations sociales dans de nombreux domaines. «Dès 1979, l’UQAM a été la première université au Québec à se doter d’une politique institutionnelle de services aux collectivités afin de démocratiser le savoir universitaire auprès de groupes qui n’y avaient pas traditionnellement accès – organismes communautaires, syndicats, groupes de femmes – ou d’autres partenaires économiques, professionnels et culturels», souligne-t-elle. «Le SAC, un  modèle unique au Québec qui vise à favoriser l’arrimage des besoins des groupes sociaux et des expertises professorales, a d’ailleurs été créé à la suite de l’adoption de cette politique», ajoute Marcel Simoneau.

Le séminaire se penchera sur le manque de reconnaissance de la recherche partenariale avec les communautés. «Ce type de recherche n’est toujours pas financé de manière adéquate et les professeurs ont encore du mal à faire reconnaître leur expertise dans ce domaine, y compris au sein de leur institution», soutient Catherine Mounier.

Améliorer l’évaluation des retombées sociales

Il est essentiel d’améliorer l’évaluation des retombées sociales des recherches partenariales avec les collectivités, remarque Marcel Simoneau. «C’est une tâche difficile, dit-il, parce que ces retombées sont peu quantifiables, ce qui complique la reddition de comptes, aussi bien au sein d’une institution donnée qu’auprès des organismes subventionnaires.»  Les impacts sociaux de ce type de recherches se font sentir à long terme, poursuit Catherine Mounier. «Au Québec, les travaux de chercheurs universitaires et de leurs partenaires des groupes communautaires ont souvent inspiré les politiques sociales, comme celles en matière de services de garde. Mais il a fallu attendre des années entre le moment où les chercheurs ont commencé à travailler sur ce dossier et celui où l’État a élaboré ses premières politiques.»

Le séminaire sera l’occasion de s’entendre sur la nécessité de partager un langage commun pour définir la coconstruction des connaissances avec les collectivités. «Au Québec, comme ailleurs, certains parlent de recherche partenariale, d’autres de recherche-action ou de recherche-terrain, d’autres encore de recherche citoyenne participative, ce qui prête flanc à différentes interprétations», indique Marcel Simoneau.

Il sera aussi question du programme Engagement en sciences participatives, lancé en septembre dernier par les Fonds de recherche du Québec et le Scientifique en chef, qui permet à des citoyens n’exerçant aucune activité professionnelle en recherche, mais qui sont reconnus pour leur savoir expérientiel, de collaborer à des projets de recherche. «Ce programme a fait l’objet d’une consultation publique d’une durée d’un an, à laquelle l’UQAM et le SAC ont participé», rappelle Marcel Simoneau.

Faciliter la collaboration internationale

Selon Catherine Mounier, la collaboration internationale entre les universités en est à ses débuts dans ce domaine. «Certains réseaux essaient de regrouper les acteurs de divers milieux et des chercheurs universitaires intéressés par ce type de recherche, dit-elle. Si les dirigeants d’institutions universitaires s’engagent dans cette voie, cela entraînera des retombées positives, notamment dans les pays du Sud, où les collectivités locales ont des besoins urgents, qu’il s’agisse d’éducation, de santé ou d’environnement.»

«Au Québec, les chercheurs universitaires et leurs partenaires communautaires engagés dans des projets de recherche reliés à l’immigration, à l’environnement ou aux droits humains savent que les enjeux auxquels ils sont confrontés ne sont pas très différents de ceux qui se posent ailleurs dans le monde, observe Marcel Simoneau. D’où leur intérêt pour toute initiative qui facilite les collaborations internationales.»   

Source : Actualités UQAM

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