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Josée Legault (M. A. Science politique 1991): Choisir la science politique par passion

JoseLegault

Par Jean-François Ducharme
Photo: Nathalie St-Pierre.

L’art de la chronique politique n’a plus de secret pour Josée Legault. Depuis près de 20 ans, la diplômée de maîtrise en science politique de l’UQAM (M. A. Science politique 1991) analyse les événements qui marquent l’actualité sur de multiples tribunes.

Après avoir fait les délices des lecteurs du Devoir, du Voir et The Gazette, elle scrute aujourd’hui la scène politique pour le compte du magazine L’Actualité. Elle est également une personnalité très active dans les nouveaux médias par l’entremise de son blogue et de son compte Twitter. Elle a d’ailleurs été nommée parmi les 10 personnalités les plus influentes de la twittosphère lors de la campagne électorale québécoise de 2012 par l’équipe de la Boussole électorale.

La politologue ne songeait pourtant pas à une carrière médiatique à la fin de ses études. Après avoir complété son baccalauréat en histoire, sa maîtrise en science politique et sa scolarité doctorale, Josée Legault se dirigeait plutôt vers l’enseignement. «À l’âge de 35 ans, j’ai vécu un cancer qui a remis en question plusieurs de mes choix, raconte-t-elle. Cette épreuve m’a convaincue de faire ce qui me rendait le plus heureuse. C'est alors que j’ai réalisé que ma véritable passion était la chronique politique!»

La rigueur des analyses, l’originalité des perspectives et la volonté de comprendre les enjeux en profondeur constituent les fondements des écrits de la chroniqueuse. Ses lecteurs apprécient entre autres les idéaux de justice et d’équité sociales qui éclairent ses écrits. Par exemple, durant le «Printemps érable» de 2012 ponctué par les grèves étudiantes et l'éveil de la parole citoyenne, ses billets prônaient ouvertement une plus grande accessibilité aux études universitaires. «J’ai une conscience sociale très éveillée parce que j’ai moi-même vécu des inégalités sociales, raconte-t-elle. J’ai grandi dans le quartier Saint-Michel et je viens d’une famille ouvrière qui a vécu la montée du néolibéralisme des années 1980. Je n’ai jamais été marxiste, ni trotskyste. Au contraire. Je suis en fait pour une plus grande démocratie, une égalité véritable des chances et une meilleure répartition des richesses.»

 

De l’Ukraine au Québec

Cette conscience sociale l'a d'ailleurs poussée, entre autres raisons, à choisir l’UQAM - une université créée à l'origine pour offrir un accès élargi aux études supérieures pour les Québécois qui n’en avaient pas les moyens. «Cette démocratisation de l’enseignement se ressentait jusqu'à l’intérieur des murs de l’UQAM, explique-t-elle. Ça se répercutait dans nos discussions, dans les cours, dans l’enseignement et même dans l’atmosphère qui régnait à l’université.»

Son amour pour la science politique se développe d’abord à travers une discipline connexe, l’histoire. Durant son baccalauréat, elle s’intéresse particulièrement aux études soviétiques et à l’Europe de l’Est. «J’étais fascinée par le cas de l’Ukraine, par sa relation de minorité prisonnière de la majorité russe. Lorsque j’ai décidé d'aller faire une partie de mon baccalauréat à l’Université McGill – une décision audacieuse à l'époque que je n'ai jamais regrettée –, je suis également devenue la première membre non-ukrainienne de l’Association étudiante ukrainienne de McGill ! Ce fut une expérience exceptionnellement enrichissante.» 

Certains parallèles quant à la dynamique des relations minorité-majorité entre l’Ukraine et le Québec se concrétisent dans l’esprit de l’étudiante à l’occasion d’un séminaire de maîtrise sur la politique québécoise. Au lieu d’aborder la question traditionnelle – la relation entre la minorité francophone du Québec et la majorité anglophone du Canada ou du continent –, Josée Legault propose un angle novateur. «À l’époque, personne ne travaillait sérieusement sur la relation entre la minorité anglo-québécoise et la majorité franco-québécoise, souligne-t-elle. Quand j’ai commencé à approfondir les écrits sur ce sujet fascinant, j’étais complètement absorbée. Mon travail de session à lui seul comprenait plus de 100 pages!»

 

Une formation théorique et pratique

Après avoir acquis une solide formation en histoire au baccalauréat, l’étudiante décide d’aborder des thèmes plus contemporains. Elle s’inscrit à la maîtrise en science politique. Elle y fait la rencontre de professeurs marquants, comme Pierre Fournier et Lawrence Olivier, co-directeurs de son mémoire. «Pierre et Lawrence sont deux personnages fascinants, précise-t-elle. En plus d’être généreux de leur temps, ils m’ont  aidée, écoutée et témoigné une grande confiance.» Elle parvient également à décrocher des bourses d’études, notamment les prestigieuses bourses du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Sur le plan de la formation pratique, Josée Legault devient assistante de recherche de Pierre Fournier, une expérience inestimable. « En plus de rédiger deux chapitres, j'étais responsable de la recherche et de la révision pour son livre L’Autopsie du Lac Meech : la souveraineté est-elle inévitable? (VLB Éditeurs, 1990).» Par la suite, Josée Legault écrira le best-seller L’invention d’une minorité: les Anglo-Québécois (Boréal, 1992) et le recueil de chroniques Les nouveaux démons (VLB, 1996) en plus de collaborer à un recueil de témoignages sur l’expérience du cancer intitulé Tu n’es pas seule (Éditions de l’Homme, 2006).

Ce qu’elle appréciait par-dessus tout de sa maîtrise en science politique était la liberté académique qu'elle lui offrait. «J’ai travaillé très fort, mais à ma manière et selon mes intérêts. Ma contribution à la société québécoise, nul doute qu’elle a pris racine en partie à l’UQAM.»

 

Une double formation

Après sa maîtrise, elle donne des charges de cours en histoire et en science politique à l’UQAM. «J’aimais beaucoup le contact avec les étudiants, affirme-t-elle. Transmettre des connaissances est un grand honneur, mais c’est en même temps très intimidant. L’enseignement m’a donné une excellente préparation pour mon travail dans les médias.»

Elle remarque déjà des déficiences dans les connaissances historiques des étudiants issues de la place décroissante du sujet au primaire et au secondaire. «Je devais expliquer à des universitaires des éléments d'histoire que nous apprenions pourtant à l’école secondaire, déplore-t-elle. La science politique ne se comprend pas sans l’histoire. Je conseille à tous les futurs politologues de suivre cette double formation.»

 

La passion, le meilleur carburant


En 2011, Josée Legault remporte le Prix Harfang du Mouvement Montréal français pour son dévouement à l’égard de la promotion et de la défense de la langue française. «Je travaille sur ce sujet tabou depuis 20 ans. J’ai souvent été haranguée et insultée parce que je me portais à la défense du français. J'ai donc reçu ce prix avec une grande émotion.» 

Que lui réserve l’avenir? «La vie a beaucoup décidé pour moi et je vais continuer à lui faire confiance. Je songe à écrire un premier roman, mais je n’ai pas vraiment de plan de carrière. J’espère simplement continuer à contribuer au débat social en faisant ce que j’aime. Peut-être retournerai-je aussi à l'enseignement un jour, qui sait ?»

Josée Legault n’hésite pas à recommander l’UQAM à tous les futurs étudiants. «Si j’avais un conseil à donner, c’est de choisir ses études selon sa passion et non pour une question d’argent. Il ne faut pas se laisser convaincre que la science politique ou l’histoire sont des disciplines mineures par rapport aux professions «payantes» comme la médecine, le droit ou la gestion. La passion est le meilleur carburant pour donner l’énergie, le courage et la ténacité pour réussir des études supérieures.»

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